L’Observatoire National du Développement Humain (ONDH) a organisé le 7 décembre 2021, avec l’appui du PNUD Maroc, un atelier de restitution de son Rapport sur le développement humain : « Être jeune au Maroc de nos jours » 

Pour ce Rapport sur le développement Humain, l’ONDH a fait le choix de le consacrer à la « jeunesse marocaine », un capital humain appelé à être valorisé dans la dynamique économique et sociale de notre pays. Dans un contexte marqué par un double choc sanitaire et économique, le présent Rapport se propose d’analyser les priorités sociales et économiques du Maroc et d’identifier les freins éventuels à son développement futur.

La première partie, procède à une analyse des dynamiques de développement humain aux niveaux national, régional et catégoriel qu’a connues notre pays entre 2012 et 2020, tout en soulignant l’acuité de la précarité sociale induite par la crise sanitaire. Dans la seconde partie, le document établit un diagnostic approfondi de la situation des jeunes sur les plans économique, social et politique, ainsi qu’une réflexion prospective sur l’adaptation des politiques publiques pour répondre à leurs attentes et aspirations et ce, en accord avec les orientations du nouveau modèle de développement.

-Le développement humain, de 2012 à 2020 : S’il est vrai que le Maroc a connu une dynamique de développement humain importante depuis le début des années 90, cette dernière a connu un ralentissement, affectée par les déperditions scolaires et par la modestie des niveaux de revenu et d’insertion sociale des jeunes. Ce ralentissement s’est senti davantage au cours de l’année 2020 sous l’effet de la crise sanitaire sur la croissance économique, le niveau d’emploi et les revenus des ménages dépendants. En 2019, notons que la valeur de l’IDH en milieu urbain est de 0,732 contre 0,583 en milieu rural. Les régions les plus développées du Royaume sont celles du Sud, de Rabat-Salé Kénitra, de Casablanca-Settat et l’Oriental. En revanche, celles qui sont le moins développées sont les régions de Béni Mellal Khénifra et de Marrakech- Safi. De plus, les inégalités entre les sexes viennent également accentuer ralentissement. En effet, le Maroc figurerait parmi les pays à développement humain élevé si l’IDH des femmes était comparable à celui des hommes (0,623 contre 0,717 en 2019).

-La précarité sociale, un phénomène fragilisant les progrès réalisés en développement humain : Affectant près d’un actif occupé sur trois, la précarité sociale, bien qu’en recul, pèse toujours sur le développement humain mettant ainsi en péril la résilience économique et sociale du pays. La précarité sociale concerne 32,3% des actifs occupés au Maroc. Elle est due, à la hauteur de 88,5%, à la précarité de l’emploi.

-Les jeunes, un réel potentiel à mobiliser davantage dans la dynamique de développement humain : Les jeunes de 15-29 ans représentent un poids démographique très important (25,3% en 2019 soit 8,9 millions de personnes environ). Cette situation présente une aubaine démographique inédite, appelée à générer des retombées microéconomiques et macroéconomiques importantes pour notre pays, à condition que notre économie offre les emplois nécessaires à ces jeunes. C’est la voie que les pays d’Asie ont empruntée avec succès dès les années 70.

A noter que le Maroc compte 33,6% de « jeunes en éducation/formation » et 25,1% de « jeunes actifs occupés ». Les « jeunes NEET purs » représentent 26,3 % des jeunes et regroupent ceux qui ne sont ni en éducation, ni en formation, ni en emploi. Il s’agit d’un capital humain précieux à valoriser, sur le plan de l’éducation et de la formation, de la santé, de la protection sociale et de l’entreprenariat. En matière d’instruction, le nombre moyen d’années de scolarité des 15-29 ans s’élève à 9,1 années, correspondant à 1,7 fois la moyenne nationale et supérieur à la moyenne des pays à développement humain élevé (8,3 années). En outre, 26% des jeunes diplômés sont confrontés au chômage de longue durée (en 2019).

Par ailleurs, la présence des jeunes dans l’espace public, politique et civil, est également questionnée dans sa capacité à les attirer. Les jeunes marocains accordent peu de confiance dans les institutions politiques tels que le gouvernement (72,2%), le parlement (73,6%) ou encore les parties politiques (78,3%).

-Les politiques publiques : L’exigence d’un engagement : La question des jeunes revêt un caractère transversal et multidimensionnel. Agir pour une meilleure intégration des jeunes appelle donc à fonder les interventions publiques sur trois principes d’orientation fondamentaux : ne laisser aucun jeune à l’abandon, l’accompagner dans son processus de qualification et dans sa trajectoire de vie. Ces principes devraient être déployés dans les espaces de valorisation de leurs ressources et couvrir tous les domaines d’action qui concernent les jeunes, à savoir l’éducation, l’orientation professionnelle, la santé, la culture et plus généralement l’ensemble des autres services publics.

Rappelons que la méthodologie adoptée par le Rapport pour mesurer la dynamique de développement humain combine à la fois celle préconisée par le PNUD et celle développée par l’ONDH, à travers l’Indicateur National du développement Humain (INDH). Ce dernier a été conçu dans un souci d’adaptation du concept de développement humain au contexte national en intégrant trois autres domaines, notamment le cadre de vie, la cohésion sociale et la sécurité humaine. 

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