Allocution du Représentant Résident du PNUD à l'occasion de la signature du document de projet d’«appui à la mise en oeuvre de La Stratégie Nationale de Lutte contre la Corruption »

16 févr. 2017

Le Représentant Résident du PNUD, M. Philippe Poinsot et le Ministre délégué auprès du Chef du Gouvernement chargé de la Fonction Publique et de la Modernisation de l’Administration par intérim, M. Driss Merroun avaient procédé à la signature du document de projet le 16 février 2017.

Monsieur le Ministre,

Mesdames et Messieurs les représentants des gouvernements,

Mesdames et Messieurs représentants du secteur privé et des organisations de la société civile,

Mesdames et Messieurs les représentants des médias,

La corruption constitue une menace grave à la sécurité et au développement, elle sape la démocratie, la primauté du droit ainsi que la vie quotidienne des citoyens en particulier les pauvres et les groupes les plus vulnérables.

Selon les données 2016 du Fonds monétaire international (FMI),  la corruption coulerait annuellement entre 1,5 et 2 trillions de dollars, ce qui représente environ 2% de la richesse mondiale.  La Banque mondiale confirme de son côté que 1 000 à 2 000 milliards de dollars seraient perdus à cause de la corruption, soit 10 fois le budget annuel des 34 pays membres de l'Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) réunis. Au-delà de son impact économique, la corruption porte atteinte à la légitimité du gouvernement et aux valeurs démocratiques et affaiblit l'État car elle mine sa crédibilité et fragilise la confiance des citoyens dans les institutions publiques.

Au Maroc le coût de la corruption sous ses différentes formes (abus de pouvoir, enrichissement illicite, détournement de fonds, conflit d’intérêts , chantage…) représente plus de 2% du PIB national qui s’est situé en 2013 aux environs de 104,5 milliards de dollars.

En 2016, Transparency International classe le Maroc à la 90ème place avec un score de 37 points sur 100, de l’indice de perception de la corruption. Avec cette position, le Maroc enregistre le 9ème rang parmi le groupe des pays arabes.

Certes, il semble bien faire dans l’amélioration du climat des affaires. La Banque Mondiale le classe à la  68ème position sur 190 pays et 3ème position dans la région de l’Afrique, dans son dernier rapport Doing Business 2017.

Le gouvernement Marocain accorde un intérêt particulier à la lutte contre la corruption. Plusieurs réformes ont été engagées sur les plans législatives et réglementaires pour inverser la tendance de la corruption et renforcer l’intégrité.

Le Maroc est devenu Etat Partie à la Convention des Nations Unies Contre la Corruption (CNUCC) le 9 mai 2007, et il a mis en place l’Instance nationale de probité, de prévention et de lutte contre la corruption (INPPLC) la même année. A cet égard, les efforts déployés par le Maroc en ont fait l’un des pays les plus avancés de la région  arabe dans le domaine de la lutte contre la corruption. Ce leadership se reflète dans la ferme résolution politique renouvelée à combattre la corruption, l’engagement institutionnel permanent des ministères clés, les résultats de l’INPPLC malgré sa mission limitée et le rôle actif joué par la société civile. Cependant, le gouvernement et les principaux acteurs du pays reconnaissent qu’il reste encore un long chemin à parcourir pour progresser dans cette voie.

L’évènement qui nous réunit aujourd’hui s’inscrit dans cette forte volonté nationale de renforcer l’intégrité et prévenir la corruption. Nous couronnons les efforts de longues années d’efforts de l’ensemble des acteurs à travers le projet d’appui à la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Lutte contre la Corruption, lancé officiellement en mai 2016.

Ce projet, de portée nationale,  couvrira la période 2017-2021 et mobilisera un budget global estimé à 3 760 000 USD. Cette initiative vise à accompagner le MFPMA dans la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Lutte contre la Corruption (SNLC) et ce, en vue de réduire la corruption, renforcer l’intégrité et améliorer la redevabilité afin de garantir une prestation plus satisfaisante des services sociaux aux usagers marocains et d’améliorer les résultats du développement humain, en conséquence.

Les produits identifié du projet y compris le développement des capacités institutionnelles, l’harmonisation de l’arsenal juridique, l’accompagnement des projets pilotes et les activités de plaidoyer et de visibilité devraient :

  • Elargir l’adhésion des institutions publiques et privées dans la mise en œuvre de la SNLCC aux niveaux national et régional;
  • Permettre que les réformes engagées par l’Etat soient ressenties par les citoyens ordinaires;
  • Démontrer à travers les projets pilotes que les politiques de premier plan et les réformes institutionnelles se traduisent par des changements sur le terrain qui soient ressentis par le public;
  • Réduire le taux de l'Indice de la Perception  de la Corruption  de l’ICPC

Mes dames et messieurs,

Jusqu’à 2008, l’engagement du PNUD avec le gouvernement marocain dans le domaine de la coopération sur la gouvernance a été relativement limité, l’aide antérieure portant essentiellement sur l’administration publique, notamment sur la décentralisation et le secteur de la justice. Depuis 2009, cette coopération a été réorientée pour se concentrer davantage sur l’assistance en matière de lutte contre la corruption. La coopération a été entreprise à deux niveaux : sur le plan régional, à travers le Programme régional du PNUD qui a présenté aux décideurs nationaux des expériences mondiales et régionales, et sur le plan national, à travers des formations et des conseils techniques. Le PNUD a appuyé la participation du gouvernement marocain et de représentants associatifs à une série de formations régionales sur la lutte contre la corruption, comme par exemple une formation régionale qui a permis de semer des idées pour la protection des dénonciateurs et des témoins et qui a abouti à la législation nationale adoptée en 2011, ainsi qu’une formation sur la lutte contre la corruption dans les secteurs qui a été suivie par l’ICPC. Le PNUD a également organisé un certain nombre d’activités dans le pays pour aider le gouvernement à définir ses priorités en matière de lutte contre la corruption et à former des responsables sur les thèmes spécifiques de la lutte contre la corruption, notamment le mécanisme de revue de la CNUCC.

En se fondant sur son expérience en matière de décentralisation, de modernisation de l’administration publique, de lutte contre la corruption pour le développement humain et de lutte contre les vulnérabilités et les inégalités, le PNUD Maroc s’attachera à appuyer l’obtention de résultats qui contribuent à l’inclusion des jeunes, à l’égalité des chances et à la création d’emplois à forte valeur ajoutée, particulièrement dans les zones les plus vulnérables. Le PNUD tirera parti de son expérience dans la modernisation de l’administration publique en intervenant au niveau décentralisé, pour contribuer aux efforts de transparence et de lutte contre la corruption dans le cadre d’une stratégie ciblée pour le plaidoyer et le renforcement des capacités. Ces actions reposeront sur les programmes en cours dans différentes régions du pays ciblant les oasis et les communes les plus pauvres.

Des outils, considérés efficaces, sont disponibles pour aider chaque pays à mener à bien les objectifs de la CNUCC.  Ces outils ont été développé grâce aux partenariats stratégiques lancés depuis des années avec les états signataires de la CNUCC, qui sont basées sur l’expérience réelle des activités du PNUD dans le domaine du renforcement des capacités permet aux pays de procéder, selon une approche participative et concertée, à une évaluation « étape par étape » des besoins.                          

Votre présence à cette cérémonie de signature est un témoignage éloquent de votre engagement à mener à bien ce projet qui ne constitue qu'une nouvelle étape d’une longue concertation autour d’un thème aussi fédérateur que le la lutte contre la corruption et le renforcement de l'intégrité.

Nous espérons que la contribution du PNUD à la Stratégie Nationale de Lutte contre la Corruption pourra servir le Maroc n vue d’une mise en œuvre plus efficace des Conventions de la CNUCC et de la réalisation des Objectifs du Développement Durable.

 

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