YES Green de la formation aux métiers verts à la création d‘entreprises

Daoud Yes Green
Daoud Qorchi a créé Bio Orient pour collecter et recycler les huiles alimentaires usagées. Crédit: PNUD

Daoud Qorchi, 33 ans, est un natif de la ville d’Oujda qui n’aurait pas imaginé, il y’a encore quelques années, pouvoir être à la tête d’une petite entreprise verte. Comme beaucoup de jeunes marocains, trouver sa voie vers le marché de l’emploi n’est pas chose facile « Ma formation initiale est en écologie et environnement ; j’ai travaillé en froid et climatisation mais les opportunités de travail dans ce secteur sont saisonnières. Je me débrouillais alors le reste de l’année en vendant des produits importés de l’étranger » explique Daoud.  Les défis relatifs à l’inclusion sociale des jeunes au Maroc sont multiples. Pour y répondre, le Gouvernement a lancé un plan d'urgence pour la création d'emplois basée sur des stratégies et programmes sectoriels et décentralisés. Il était donc primordial de lier la nécessité de la génération d’emplois avec les besoins du pays en compétences dans les métiers verts.

A cet effet, le projet Yes Green a été lancé par le PNUD avec le Ministère de l'Environnement, des Mines, de l'Energie et de l'Eau et le Gouvernement Japonais, avec pour objectif de soutenir le Maroc dans ses efforts en vue d’accroître l'employabilité chez les jeunes femmes et hommes, tout en mettant l'accent sur la réduction de la pauvreté, l'autonomie économique, et le renforcement du développement humain. Les régions de Tanger–Tétouan et de l’Oriental ont constitué les zones pilotes d’intervention pour la réalisation de la composante opérationnelle du projet.

Après la réalisation des études relatives à la cartographie d’employabilité et d’entreprenariat vert, l’identification des besoins en compétences dans les métiers verts ainsi que les mécanismes institutionnels, financiers et de partenariat, la 2ème phase de Yes Green a consisté en l’élaboration de formations adaptées aux objectifs du projet. Ainsi, 179 jeunes femmes et hommes ont été formés sur les métiers de l’assainissement liquide, l’efficacité énergétique, l’éco-tourisme et la gestion des déchets solides. Grâce au potentiel entrepreneurial des jeunes identifié lors des cycles de formation, Yes Green a pu bénéficier d’une nouvelle étape pour accompagner les détenteurs de projets d’entreprenariat vert à la création de leurs startups. Dans le cadre du lancement de l’appel à projets, 24 propositions ont été reçues dont 6 retenues par le jury. Les jeunes détenteurs de ces projets de start-ups ont bénéficié d’un appui financier et d’une assistance technique leur permettant de concrétiser leurs rêves de devenir entrepreneurs et contribuer au développement de leur pays en créant des emplois. En expliquant les différentes étapes, Daoud souligne : « En plus de la formation propre aux métiers verts, j’ai bénéficié de cours de gestion d’entreprises, comptabilité et management ainsi qu’un financement de 386,401 MAD et c’est comme ça que j’ai fondé Bio Orient, une startup verte spécialisée en récupération et valorisation des huiles alimentaires usagées dans la région d’Oujda ».

A retenir

  • 179 jeunes femmes et hommes formés sur les métiers verts
  • 188,200 USD dédiés à la création de 5 start-ups
  • Energie photovoltaïque, gestion des déchets et recyclage des huiles usagées ont été choisis par les jeunes entrepreneurs

Energie photovoltaïque, gestion des déchets et recyclage des huiles usagées constituent les domaines des cinq start-ups vertes créées dans le cadre de Yes Green avec une subvention globale de 188,200 USD. Ces initiatives, bien qu’elles soient à leurs débuts, ont tout de même permis la création de 19 emplois dont 32% sont occupés par des femmes. 14 autres projets sont dans le pipeline. A l’instar des autres bénéficiaires, et au vu des résultats qu’il a atteints, Daoud demeure ambitieux pour l’avenir : « Quand nous avons démarré, nous étions 3 personnes et nous disposions d’un seul véhicule. Aujourd’hui, et malgré les défis quotidiens, Bio Orient c’est 4 employés, 3 véhicules, une couverture sur 15 villes et une moyenne de 12 tonnes d’huiles récoltées mensuellement que je compte doubler ». Contribuer à la diminution de l’impact des huiles usagées sur l’environnement tout en créant des emplois a fait l’objet de l’intervention de Daoud lors de la conférence Arab Youth Employment à Amman en Jordanie (Avril 2015). Pour lui, c’était encore une opportunité d’évolution et d’échange avec d’autres jeunes de la région.