Oasis du Tafilalet, un rempart vert contre le désert

rempart de lutte contre la désertification
rempart de lutte contre la désertification.Crédit: PNUD

Comment sauver les oasis du Tafilalet ? En relançant l’agriculture ? En développant les technologies vertes et l’écotourisme ? En réhabilitant le patrimoine et les traditions ?

Sur le terrain, les habitants sont conscients de l’urgence d’agir. Depuis une vingtaine d’années, ils subissent les conséquences de la variabilité du climat et des épisodes extrêmes. « Il était plus que temps de tirer la sonnette d’alarme », estime Hamid, de l’association Tangarfa du douar (village) de Tighfert. « On constate une dégradation dans tous les domaines : la biodiversité baisse, l’exode rural vide les oasis de leur potentiel humain, l’urbanisation gagne, l’eau manque et elle est polluée car il n’y a pas de services d’assainissement. J’ai fait analyser l’eau, ici dans ce douar, et on a trouvé qu’elle était polluée à 100%! C’est une grande menace qui pèse sur les oasis.»

A retenir

  • A Magamane par exemple, plus des deux tiers des agriculteurs ont adopté des pratiques mieux adaptées.
  • Certains jeunes partis en Espagne sont revenus suite à la crise économique et financière et grâce à la création de la coopérative FEZNA soutenue par le PNUD.

Pour tenter d’inverser la tendance, le PNUD et ses partenaires nationaux et internationaux ont lancé deux grandes initiatives dans le Tafilalet : le Programme Oasis Tafilalet (POT) en 2007 et le Projet d’adaptation aux changements climatiques pour des oasis résilientes (PACC) en 2009. L’objectif du POT est de contribuer à la lutte contre la désertification et la pauvreté.

A Fezna, une commune rurale située au sud d’Errachidia, six ans d’efforts commencent à porter leurs fruits. Comme dans la plupart des oasis du Tafilalet, les problèmes d’eau, la pauvreté et le manque de perspectives ont chassé une partie de la population. De nombreux hommes, souvent jeunes, ont migré vers le Nord en quête d’une vie meilleure. Cette rupture de l’équilibre démographique local qui préoccupe le président de la commune, Moussa Slimane. « Pour moi, l’objectif premier est d’encourager les jeunes à ne pas émigrer. Ici dans le passé, il y a eu beaucoup de départs mais aujourd’hui, l’émigration est stabilisée. » Certains jeunes partis en Espagne sont même revenus suite à la crise économique et financière.

Commune pilote, Fezna a été fortement appuyée par le PNUD et ses partenaires. « La porte d’entrée a été la planification locale. Nous avons soutenu Fezna et d’autres communes du Tafilalet dans l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan communal de développement axé sur l’adaptation aux changements climatiques », explique Kébir Mdarhri Alaoui, Conseiller au Programme du PNUD.

Pour relancer la production agricole de Fezna, une khettara a été restaurée et cimentée sur un kilomètre de manière à limiter les déperditions d’une ressource en eau de plus en plus rare et difficile à gérer. De même, un mur de protection a été érigé le long de l’oued Ghéris. Conséquence des changements climatiques, les crues des oueds sont devenues très violentes, réduisant les possibilités de capter les eaux de ruissèlement et entraînant une dégradation des plantations et des ouvrages hydrauliques traditionnels en terre. Dans le même temps, deux coopératives ont été équipées de façon à pouvoir rationnaliser les techniques d’irrigation et le goutte-à-goutte a été installé sur plusieurs hectares, avec pompage solaire et bassins de rétention couverts.

Dans d’autres communes et douars du Tafilalet, par exemple, à Magamane, plus des deux tiers des agriculteurs ont adopté des pratiques mieux adaptées. « Ce n’est pas facile de faire changer les habitudes, explique Ali, l’un des animateurs du POT. Je ne leur dit jamais ‘il faut faire ceci ou cela’. On réalise des expériences ensemble sur de petits lopins et ils constatent d’eux-mêmes que le changement est rentable ». C’est ainsi notamment que des plantes comme le safran ou le carthame, à forte valeur commerciale et peu consommatrices d’eau, ont en partie remplacé la luzerne et le blé. C’est aussi de cette façon que les agriculteurs ont renoncé aux engrais chimiques au profit d’un riche compost à base de déchets de palmes et de fumier.

D'autre part, capitalisant sur le précieux savoir-faire des femmes en matière de bouturage, d’entretien des parcelles et de récolte, celles-ci ont été formés et équipés de matériel moderne pour fabriquer, entre autres, des produits à base de dattes, du couscous, du miel ou du pain ; traiter et conditionner des herbes aromatiques et médicinales comme le safran, la sauge ou la marjolaine ; ou encore extraire des huiles de plantes bienfaisantes comme le carthame ou le nigelle. « Maintenant qu’une production de qualité et en quantité suffisante est assurée, nous travaillons sur la commercialisation des produits », explique Ali. Une attention particulière est accordée au conditionnement et à l’emballage, tandis que des contacts sont pris avec des plateformes nationales de distribution comme Maroc Taswik et même à l’étranger via des réseaux d’émigrés.

En vue de pérenniser la production et de mutualiser les équipements et les savoir-faire acquis dans le cadre du POT, un groupement d’intérêt économique (GIE) sera mis en place en 2013. D’ores et déjà, les femmes se réjouissent d’avoir vendu une grande partie de leur production lors de salons agricoles, de moussems (fêtes traditionnelles) ou tout simplement dans les souks de la région. Alors même que le secteur du bio ou semi-bio dit « beldi » est en voie de développement et de structuration au Maroc, les produits du terroir ont un bel avenir devant eux.

 

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