Introduction 

Le Maroc est une monarchie constitutionnelle et parlementaire. En 2011, le pays s’est doté d’une nouvelle constitution par voie de référendum, consacrant les principes de bonne gouvernance, de séparation et d’équilibre des pouvoirs. Cette réforme constitutionnelle s’est accompagnée d’un passage à une organisation territoriale décentralisée basée sur la régionalisation avancée et sur la déconcentration administrative.

Le Royaume du Maroc fait partie des 193 Etats membres de l’ONU dès 1956, date de son indépendance, et a été membre non permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU entre 2012 et 2013. Le Maroc a également été élu à la vice-présidence de la 72ème session de l’Assemblée Générale de l’ONU qui se déroulera de septembre 2017 à septembre 2018.

Cultivant ses relations extérieures et jouissant d’appartenances arabe, maghrébine, africaine et méditerranéenne, le pays est affilié à plusieurs organisations dont : la Ligue Arabe, l'Union du Maghreb Arabe, l'Union Africaine (dont il est membre fondateur et à laquelle il a été réintégré en janvier 2017), la Communauté Economique d’Afrique de l’Est et l'Union pour la Méditerranée. 

Histoire

« le Royaume du Maroc entend préserver, dans sa plénitude et sa diversité, son identité nationale une et indivisible. Son unité, forgée par la convergence de ses composantes arabo-islamique, amazighe et saharo-hassanie, s’est nourrie et enrichie de ses affluents africain, andalou, hébraïque et méditerranéen. » - Constitution du Maroc de 2011

En effet, depuis l’antiquité, plusieurs civilisations se sont succédées au Maroc et ont permis de façonner son identité culturelle riche, ouverte et variée. La légende raconte que c’est Hercule qui créa le Maroc en ouvrant le détroit de Gibraltar. Quoi qu’il en soit, la présence de l’homme y est attestée depuis au moins 300 000 ans. Peuplé à l’origine par les Berbères, le pays s’ouvre à l’influence des Phéniciens et des Carthaginois, puis se soumet jusqu’au Ve siècle aux Romains. La conquête arabe et l’islamisation débutent à partir de 647.

Dès le XVIe siècle, les empires de souche arabe, Saadiens puis Alaouites assurent l’unité et l’indépendance du pays. Aujourd’hui, le Maroc est dirigé par sa Majesté le Roi Mohammed VI, 23e roi de la dynastie Alaouite, intronisé le 30 juillet 1999.

Source : http://www.visitmorocco.com/, Office National Marocain du Tourisme 

Défis

En concertation avec le gouvernement marocain, la société civile et les partenaires de développement, le Plan Cadre des Nations Unies d’Aide au Développement 2017-2021 a tracé 6 domaines d’actions prioritaires présentant les défis majeurs que le Maroc doit relever pour consolider la gouvernance démocratique, maintenir et renforcer une croissance inclusive et durable et lutter efficacement contre la pauvreté et les inégalités régionales et territoriales :

1. Gouvernance démocratique et régionalisation avancée :

Les principaux défis à relever se rapportent à la consolidation du processus de régionalisation avancée et des réformes et chantiers structurants lancés en matière de gouvernance démocratique afin d’en assurer l’efficacité, l’efficience et la durabilité. Pour se faire, deux défis majeurs sont à relever : assurer la cohésion du travail des différents acteurs impliqués, notamment à travers l’harmonisation des politiques publiques, et renforcer les mesures de prévention et de lutte contre la corruption qui continue d'entraver les progrès en la matière.

2. Développement inclusif durable :

Le Maroc s'est engagé aux niveaux national et international à adhérer aux principes de développement inclusif et durable. Ceci-dit, l'intégration de ces principes au niveau des politiques publiques et des stratégies nationales et leur implémentation sur le terrain constituent toujours des défis à relever. Concrètement, cela consisterait, par exemple, à intégrer la création d’emplois verts (surtout pour les jeunes et les femmes) dans les plans de développement industriel et à développer des stratégies de logistique et de transport tenant compte du changement climatique et de l’engagement pris pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre de 32% d’ici 2030.

3. Santé :

En dépit des efforts engagés, des écarts importants persistent en matière d’accessibilité aux soins, notamment, entre milieu urbain et milieu rural et dans les zones enclavées. Le renforcement de la couverture sanitaire de la population par des services de santé intégrés, de qualité et abordable est donc un défi majeur à relever.

4. Éducation :

Malgré les avancées réalisées sur le plan quantitatif, le secteur de l’éducation continue d’accuser du retard qualitatif et l’analphabétisme, la déperdition scolaire ainsi que les disparités, quoique diminuées, persistent. Renforcer la qualité et l’accessibilité de l’éducation aux personnes vulnérables, particulièrement en milieu rural, aux femmes et aux personnes en situation de handicap constituent de sérieux défis à relever. L’adéquation de l’offre de formation supérieure au marché du travail est de même un défi majeur, compte-tenu du taux de chômage important des diplômés du supérieur (21.2% en 2015 selon le HCP).

5. Inclusion économique, réduction des inégalités et des vulnérabilités :

La valeur de l’Indice de Développement Humain (IDH) du Maroc est établie à 0.647. Toutefois, quand cette valeur est ajustée aux inégalités, l’IDH baisse à 0.456 soit une perte de 29.5% due aux inégalités au niveau des 3 principales dimensions du développement humain, à savoir : la capacité à bénéficier d’une vie longue et saine (santé), la capacité d’accès à l’éducation et aux connaissances (éducation) et la capacité d’accéder aux ressources matérielles indispensables pour atteindre un niveau de vie décent (niveau de vie). Au niveau de ces trois dimensions, réduire les disparités entre les territoires et les régions et les inégalités liées au handicap, au genre et à la vulnérabilité sont autant de défis auxquels il faudra remédier.

6. Développement rural inclusif, intégré et durable :

Selon le rapport économique et financier de 2017 de la Direction des Etudes et des Prévisions Economiques au Maroc, bien que le taux de vulnérabilité ait reculé de 49,6% entre 2001 et 2014 au niveau national, il reste élevé dans les zones rurales avec 18,4% contre 6,9% dans les zones urbaines et ce, malgré l’appui considérable impulsé par les différents programmes de l’INDH.

La dépendance d’une grande partie encore de l’agriculture aux aléas climatiques, combinée à la pauvreté, favorisent les modes de consommation non viable et l’exploitation excessive des ressources naturelles. La dégradation de l’environnement et l’épuisement des ressources naturelles en résultant aggravent à leur tour la pauvreté et l’exode rurale. Afin de rompre ce cercle vicieux, développer des modèles de développement socio-économique durables, inclusifs (surtout des femmes, des jeunes et des personnes en situation de handicap) et adaptés aux besoins des populations locales et garantir leur mise en œuvre en fournissant l’infrastructure et les capacités institutionnels et techniques nécessaires sont les défis à relever.

Résultats 

Le Maroc s’est lancé dans un ambitieux programme de réformes avec l’adoption en 2011 de la nouvelle constitution. Les différentes avancées réalisées lui ont valu une progression au 123ème rang en matière de développement humain au classement global du rapport sur le développement humain de 2016 et ce, sur un total de 188 pays et territoires. Avec un Indice de Développement Humain (IDH) de 0,647, le Maroc figure parmi les pays à développement humain moyen et ambitionne à se faire une place parmi les pays émergents.

A cette fin, le Maroc a décidé de compléter ses plans de développement sectoriels par une dynamique de développement régional en consolidant ses relations avec l’Afrique subsaharienne. Cette orientation stratégique s’est couronnée le 30 janvier 2017 par la réintégration du Maroc dans l’Union Africaine.

De manière globale, le Maroc a atteint en 2015 les objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) et s’est activement engagé dans la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD) du programme de développement durable à l'horizon 2030. Ceci s’est traduit, entre autres, par une forte baisse de la pauvreté absolue et de la vulnérabilité qui sont passées entre 2001 et 2014, de 15,3% à 4,2% et de 22,8% à 11,5% respectivement.

Par ailleurs et en vue de concilier la dynamique de développement avec les impératifs de durabilité, le Maroc s'est engagé, depuis la Conférence de Rio en 1992, dans un processus de mise à niveau environnementale. Dans ce cadre, plusieurs dispositions ont été établies dans le but de promouvoir des mesures pour la sauvegarde de l'environnement, notamment, la mise en place d’un cadre normatif, juridique, institutionnel et stratégique (Stratégie Nationale de Développement Durable (SNDD) pour la période 2015-2020, programme de développement des énergies renouvelables, solaire et éolienne et la stratégie nationale d’efficacité énergétique). L’organisation réussie de la COP22 par le Maroc en novembre 2016 et les différentes actions engagées dans le suivi de ses recommandations témoigne de son engagement à contribuer activement dans la lutte contre les changements climatiques et dans l’accélération de la transition vers une économie mondiale verte.

En matière de performance économique, le Maroc a pu maintenir entre 2008 et 2015 un rythme de croissance annuelle moyenne, en volume, de l’ordre de 4,2%. Ceci est attribuable à la progression de la valeur ajoutée agricole de 8,4% en moyenne par an et à la consolidation des activités non agricoles qui ont évolué de 3,4% en moyenne au cours de cette période. En effet, l’émergence de nouvelles spécialisations à forte valeur ajoutée telles que l’automobile, l’aéronautique et l’électronique ont favorisé la modernisation de la base productive nationale, comme en témoigne la contribution soutenue des activités manufacturières aux exportations nationales.

Le succès de ces nouvelles industries que le Maroc a réussi à développer, conjugué à l’expansion des entreprises marocaines en Afrique de l’Ouest devraient lui permettre de renforcer sa position dans les chaînes de valeur mondiales. Ses perspectives économiques et sa stabilité macroéconomique à moyen terme dépendront cependant de la poursuite de politiques macroéconomiques saines et de l’approfondissement des réformes structurelles visant à accroître la productivité, faire baisser le chômage des jeunes, augmenter la participation des femmes à la vie active et réduire encore davantage la pauvreté et les inégalités.

Sources :

  1. Rapport sur le développement humain 2016, PNUD;
  2. Rapport Annuel 2015, Conseil Economique, Social et Environnemental;
  3. Synthèse de l’édition 2017 du Rapport Economique et Financier, Direction des Etudes et des Prévisions Financières du Ministère de l’Economie et des Finances;
  4. Maroc : rapport de suivi de la situation économique (octobre 2016), Banque Mondiale.